𝗠𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗦𝗼𝗹𝗶𝗱𝗮r𝗖𝗮𝘁𝘁 𝗲𝗻 𝗨𝗸𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲 🇺🇦 – 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲 𝟮
- 6 mai
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Après deux jours passés à Lviv, ils prennent la direction de Shandrovets, un village agricole situé à environ 150 km, à proximité de la frontière polonaise.
Le changement est immédiat. Le rythme ralentit, les paysages s’ouvrent, les maisons s’espacent. La vie semble plus calme, presque préservée. Le village a été épargné par les bombardements, mais cela ne signifie pas que la guerre est absente. Elle est là, autrement, plus discrète, mais bien réelle, perceptible dans les regards et dans les silences.
Le deuil imprègne les esprits.
Même loin du front, la tension reste palpable. Olivier et Thierry en font l’expérience lors d’un contrôle des garde-frontières. Les papiers sont vérifiés avec attention, et l’attente se prolonge pendant plus d’une demi-heure. Rien d’agressif, mais une rigueur évidente. On comprend rapidement que les frontières, même avec la Pologne, sont étroitement surveillées.
Malgré un voyage préparé, des lettres de visite et un passeport français, les contrôles restent sérieux. La langue ajoute aussi une difficulté supplémentaire : elle crée une distance, oblige à s’adapter, à passer par l’anglais, parfois à chercher un traducteur pour se faire comprendre.
Mais une fois le contrôle terminé, l’atmosphère change. La tension retombe, les échanges redeviennent plus simples, presque spontanés. Un sourire, quelques mots, et la convivialité reprend naturellement sa place.
Et pourtant, ce qui marque le plus n’est pas cette tension.
C’est l’accueil.
À l’école, les échanges sont simples et chaleureux. Au musée des traditions, on prend le temps d’expliquer, de montrer, de transmettre une culture encore très vivante. Dans la famille d’Olga, les moments partagés sont naturels, sans mise en scène, autour de repas et de discussions.
Et puis il y a ces instants inattendus, comme ce barbecue en forêt. Les gens se retrouvent, les conversations s’installent, les chants commencent, puis les rires, et même quelques pas de danse. Des moments simples, mais profondément marquants, comme une manière de continuer à vivre ensemble malgré tout.
Pendant ce temps, Olga reste au village. Elle s’intègre pleinement dans le quotidien local, entre la boutique de sa cousine — véritable lieu de vie et d’échanges — et les travaux des champs, notamment la culture des pommes de terre.
Ici, malgré la guerre, quelque chose tient. Le lien, l’accueil, et cette capacité à partager, simplement.



